
27 Jan Remérage des abeilles : quand et comment remplacer la reine d’une ruche ?
Faut-il laisser une colonie remplacer naturellement sa reine ou intervenir en introduisant une cellule royale, une reine vierge ou une reine déjà fécondée ? Le remérage est une décision importante dans la conduite d’un rucher, car il influence directement la reprise de ponte, la dynamique de la colonie et la génétique du cheptel.
Changer une reine ne consiste pas simplement à remplacer une abeille âgée par une plus jeune. Selon la saison, l’état de la colonie et les objectifs de l’apiculteur, plusieurs stratégies sont possibles.
Une colonie peut parfaitement se remérer naturellement. Mais dans d’autres situations, notamment lorsque la saison avance, que la reine est défaillante ou que l’on souhaite maîtriser davantage la génétique de son rucher, l’introduction d’une reine d’élevage peut apporter davantage de prévisibilité.
Cet article s’appuie notamment sur les travaux de l’ITSAP – Institut de l’abeille consacrés au renouvellement des colonies et des reines, ainsi que sur le webinaire UMT PrADE « Pratiques de renouvellement du cheptel – Diversité et conséquences ».
À retenir : il n’existe pas une seule bonne méthode de remérage. Le choix dépend de la colonie, de la saison, du temps disponible, de l’objectif génétique et du niveau de risque que l’apiculteur accepte.
Le webinaire : Pratiques de renouvellement du cheptel – Diversité et conséquences
Webinaire UMT PrADE « Pratiques de renouvellement du cheptel – Diversité et conséquences », consacré aux pratiques de renouvellement des colonies et des reines en apiculture.
Qu’est-ce que le remérage d’une ruche ?
Le remérage correspond au remplacement de la reine d’une colonie.
Ce remplacement peut être entièrement naturel ou être provoqué et contrôlé par l’apiculteur.
Dans la pratique, plusieurs situations peuvent conduire à une nouvelle reine :
- la colonie remplace naturellement une reine défaillante ;
- une nouvelle reine est élevée après un essaimage ;
- une reine est élevée après la disparition accidentelle de l’ancienne ;
- l’apiculteur supprime volontairement la reine et laisse la colonie en élever une nouvelle ;
- une cellule royale issue d’un élevage est introduite ;
- une reine vierge est introduite ;
- une reine fécondée est introduite.
Ces méthodes ne présentent ni les mêmes délais, ni le même niveau de maîtrise génétique, ni les mêmes risques.

Pourquoi remplacer une reine ?
Il n’existe pas de règle imposant de changer systématiquement toutes les reines à un âge précis.
La décision doit d’abord partir de l’état réel de la colonie.
Une reine dont la ponte devient insuffisante
Une diminution durable de la ponte, un couvain très irrégulier ou une incapacité à maintenir une population suffisante peuvent justifier un remérage.
Mais avant de supprimer une reine, il faut vérifier que le problème vient réellement d’elle. Une disette, un manque de pollen, une pression parasitaire ou certaines conditions saisonnières peuvent également réduire temporairement la ponte.
Pour approfondir ce diagnostic : pourquoi une reine ne pond-elle plus ?
Une colonie devenue orpheline
Lorsque la reine disparaît, la colonie peut généralement tenter d’en élever une nouvelle si elle dispose encore d’œufs ou de très jeunes larves.
L’apiculteur peut alors choisir de laisser faire ou d’introduire une reine d’élevage.
Avant toute intervention : comment reconnaître une ruche sans reine ?
Une volonté de modifier la génétique de la colonie
Le remérage peut également être utilisé pour remplacer la génétique d’une colonie présentant des caractères indésirables :
- agressivité importante ;
- forte tendance à l’essaimage ;
- faible dynamique ;
- couvain de mauvaise qualité ;
- performances insuffisantes ;
- ou caractères sanitaires jugés insuffisants.
Dans ce cas, laisser la colonie se remérer seule ne permet pas forcément d’atteindre cet objectif puisque la nouvelle reine sera issue de la génétique déjà présente dans la ruche.
Remérage naturel ou remérage contrôlé : quelle différence ?
Le remérage naturel consiste à laisser les abeilles produire elles-mêmes leur nouvelle reine.
Le remérage contrôlé consiste au contraire à intervenir dans ce renouvellement, par exemple en introduisant une cellule royale, une reine vierge ou une reine fécondée provenant d’un élevage.
Les deux stratégies sont utilisées en apiculture.
L’enquête menée par l’ITSAP auprès de 348 apiculteurs et apicultrices français montre cependant que les pratiques évoluent fortement avec la taille du cheptel.
Le choix de laisser l’ensemble des colonies en remérage naturel concerne plus de 30 % des répondants possédant moins de 70 ruches, mais seulement environ 10 % des apiculteurs gérant plus de 70 ruches.
Plus le cheptel devient important, plus les apiculteurs ont tendance à intervenir dans le renouvellement de leurs reines.
Pourquoi les apiculteurs professionnels contrôlent-ils davantage le remérage ?
Lorsque le nombre de colonies augmente, une colonie improductive, agressive ou durablement sans ponte représente davantage qu’un simple désagrément.
Elle entraîne également :
- du temps de travail supplémentaire ;
- une perte potentielle de production ;
- une augmentation du nombre d’interventions ;
- un manque de régularité dans le cheptel ;
- et parfois la transmission d’une génétique que l’on ne souhaite pas conserver.
Le remérage contrôlé peut alors devenir un véritable outil de gestion du rucher.
Selon l’ITSAP, les objectifs principaux recherchés sont notamment une meilleure maîtrise de la génétique, une meilleure dynamique des colonies et le gain de temps lié à l’utilisation d’une reine déjà disponible.
Les quatre principales stratégies de renouvellement d’une reine
| Solution | Délai avant reprise de ponte | Maîtrise génétique | Aléa principal |
|---|---|---|---|
| Remérage naturel | Long | Faible | Élevage et fécondation |
| Cellule royale d’élevage | Assez long | Origine maternelle connue | Naissance et fécondation |
| Reine vierge | Intermédiaire | Origine maternelle connue | Vol de fécondation |
| Reine fécondée | Le plus court si acceptée | Origine mieux connue selon le mode de fécondation | Acceptation par la colonie |
Ce tableau ne signifie pas qu’une méthode est systématiquement meilleure qu’une autre.
Il montre surtout que l’apiculteur échange généralement du temps et de l’incertitude contre davantage de maîtrise lorsqu’il passe du remérage naturel à l’introduction d’une reine fécondée.
1. Laisser la colonie se remérer naturellement
Le remérage naturel constitue la solution la plus simple.
Lorsqu’une colonie possède suffisamment de jeunes larves, elle peut élever plusieurs cellules royales puis produire une jeune reine.
Après sa naissance, cette reine doit encore :
- atteindre sa maturité sexuelle ;
- effectuer un ou plusieurs vols de fécondation ;
- revenir correctement à la ruche ;
- puis commencer sa ponte.
Cette stratégie peut très bien fonctionner lorsque la colonie est forte, que la saison est favorable et qu’il existe suffisamment de mâles matures dans l’environnement.
Elle implique cependant une interruption de ponte relativement longue et une incertitude supplémentaire liée à la fécondation.
Elle ne permet pas non plus de modifier fortement l’origine maternelle puisque la nouvelle reine est élevée à partir du couvain de la colonie.
Remérage naturel après essaimage : un cas particulier
Après un essaimage, la situation est différente d’une perte accidentelle de reine.
La vieille reine quitte généralement la colonie avec l’essaim tandis que des cellules royales sont déjà présentes dans la ruche souche.
L’apiculteur peut alors laisser le processus aller jusqu’au bout ou supprimer ces cellules pour reprendre la main sur le remérage.
Nous avons consacré un dossier spécifique à cette situation : remérage après essaimage : laisser faire ou introduire une reine fécondée ?
2. Introduire une cellule royale
L’introduction d’une cellule royale permet déjà de mieux maîtriser l’origine maternelle de la future reine.
L’apiculteur peut ainsi utiliser une cellule provenant d’une reproductrice sélectionnée.
La colonie n’a plus à commencer elle-même l’élevage depuis une jeune larve.
La future reine doit cependant toujours :
- naître correctement ;
- être acceptée ;
- réaliser ses vols de fécondation ;
- et revenir à la ruche.
Cette technique offre donc un compromis intéressant entre coût, travail d’élevage et contrôle génétique.
Elle reste néanmoins dépendante de la qualité des conditions de fécondation.
3. Introduire une reine vierge
Avec une reine vierge, l’étape de naissance est déjà franchie.
Son origine maternelle peut être connue précisément lorsque la reine provient d’un élevage sélectionné.
Elle doit cependant encore être fécondée.
Le résultat dépend alors notamment :
- de la météo ;
- de la présence de mâles matures ;
- de l’environnement du rucher ;
- et de la capacité de la reine à effectuer correctement ses vols.
C’est une solution couramment utilisée en élevage, mais elle comporte davantage d’aléas qu’une reine déjà fécondée.
4. Introduire une reine fécondée
La reine fécondée présente une différence importante : le risque lié à la fécondation est déjà passé.
Lorsque l’introduction réussit, la reprise de ponte peut donc intervenir beaucoup plus rapidement qu’après un remérage naturel ou l’introduction d’une cellule royale.
Cette caractéristique devient particulièrement intéressante lorsque :
- la saison avance ;
- la colonie ne peut pas se permettre une longue interruption de ponte ;
- l’ancienne reine est défaillante ;
- on souhaite changer la génétique d’une colonie ;
- ou l’on veut sécuriser davantage le renouvellement.
Une reine fécondée n’est cependant pas une garantie absolue.
La colonie doit être correctement préparée et accepter sa nouvelle reine.
Pour la procédure complète : comment introduire une reine fécondée dans une ruche ?
Quand faut-il changer la reine d’une ruche ?
Il est préférable de raisonner sur la situation de la colonie plutôt que d’appliquer une règle automatique du type « remplacer toutes les reines tous les deux ans ».
Le remérage peut notamment être envisagé lorsque :
- la ponte devient durablement insuffisante ;
- le couvain reste irrégulier malgré de bonnes conditions ;
- la colonie manque de dynamisme ;
- une génétique agressive doit être remplacée ;
- une famille essaime beaucoup plus que le reste du rucher ;
- la reine a disparu ;
- ou l’apiculteur souhaite introduire une nouvelle génétique.
L’âge de la reine constitue une information utile, mais il ne doit pas être le seul critère.
Une reine plus âgée qui conserve une belle ponte et produit une colonie performante peut avoir davantage de valeur qu’une jeune reine médiocre.
Quelle période choisir pour remérer ?
Le renouvellement peut intervenir à différents moments de la saison.
L’enquête ITSAP montre d’ailleurs que les stratégies varient beaucoup.
Les cellules royales et les reines vierges sont particulièrement compatibles avec des périodes où les conditions de fécondation sont favorables et où les mâles sont nombreux.
À mesure que la saison avance, la reine fécondée devient généralement plus intéressante car elle permet d’éviter l’incertitude liée au vol de fécondation.
L’ITSAP observe notamment que les exploitations de plus de 150 ruches sont légèrement plus nombreuses à renouveler des reines en fin de saison, en particulier avec des reines fécondées.
La décision reste toutefois dépendante :
- du climat local ;
- de la force de la colonie ;
- des ressources ;
- de la disponibilité des reines ;
- et de l’objectif recherché.
Remérage et sélection génétique : deux sujets étroitement liés
Le renouvellement d’une reine constitue aussi une occasion de faire évoluer la génétique du rucher.
Lorsqu’une colonie se remère naturellement, l’origine de la nouvelle reine est celle de la colonie existante.
Lorsque l’on introduit une reine provenant d’une reproductrice choisie, il devient possible d’orienter progressivement le cheptel vers certains caractères :
- douceur ;
- qualité du couvain ;
- dynamique ;
- production ;
- faible tendance à l’essaimage ;
- autonomie alimentaire ;
- ou certains caractères liés au sanitaire.
Pour approfondir cette démarche : élevage de reines : comment sélectionner ses reproductrices ?
Produire ses propres reines ou acheter des reines fécondées ?
Les deux stratégies peuvent être complémentaires.
L’enquête ITSAP montre qu’environ 65 % des apiculteurs interrogés pratiquent l’élevage de reines.
Cette proportion atteint environ 85 % chez ceux qui gèrent plus de 70 ruches.
L’élevage sur l’exploitation apporte plusieurs avantages :
- disposer régulièrement de cellules ou de reines ;
- travailler sa propre sélection ;
- augmenter son autonomie ;
- et multiplier certaines familles jugées intéressantes.
Mais il représente également du temps, de l’organisation et nécessite de disposer de bonnes conditions de fécondation.
L’achat de reines peut donc rester pertinent pour :
- introduire une nouvelle génétique ;
- compléter une production interne insuffisante ;
- remérer rapidement une colonie ;
- ou disposer d’une reine lorsque l’élevage interne n’est pas possible.
Renouveler les reines fait partie du renouvellement du cheptel
Le renouvellement du cheptel ne concerne pas uniquement les reines.
Il englobe aussi la création et le remplacement des colonies.
Dans l’enquête ITSAP, la création d’essaims sur cadres apparaît comme la principale technique utilisée pour renouveler ou augmenter le nombre de colonies.
Les essaims, les divisions et les paquets d’abeilles permettent ainsi à la fois :
- de compenser les pertes ;
- d’augmenter le cheptel ;
- de renouveler les reines ;
- et d’introduire progressivement de nouvelles génétiques.
Pour développer ou renouveler un rucher : découvrir nos essaims d’abeilles disponibles
Il est également possible de démarrer une nouvelle colonie à partir d’un : paquet d’abeilles avec reine fécondée .
Que faire d’une colonie « non-valeur » ?
Une colonie très faible ou durablement peu performante ne doit pas forcément être conservée à tout prix.
Plusieurs options existent :
- remplacer la reine ;
- introduire une nouvelle génétique ;
- réunir la colonie avec une autre ;
- ou décider de ne pas conserver cette famille dans le programme de sélection.
La première question consiste donc à déterminer si la faiblesse provient réellement de la reine.
Une colonie atteinte par une forte pression Varroa, un manque de nourriture ou un autre problème sanitaire ne deviendra pas nécessairement performante simplement parce que sa reine est remplacée.
Quelle stratégie selon la situation ?
| Situation | Option possible | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Bonne colonie, saison favorable | Remérage naturel possible | Délai avant reprise de ponte |
| Volonté de conserver une lignée sélectionnée | Cellule royale ou reine d’élevage | Conditions de fécondation |
| Saison avancée | Reine fécondée | Qualité de l’introduction |
| Reine défaillante mais colonie forte | Remplacement par reine fécondée | Retirer l’ancienne reine |
| Colonie agressive | Remérage avec nouvelle génétique | Temps nécessaire au renouvellement des ouvrières |
| Colonie très faible | Remérage ou réunion selon état | Vérifier si la colonie mérite d’être conservée |
Ce que nous retenons chez LaRucheTic
Chez LaRucheTic, nous considérons le renouvellement des reines comme un outil de conduite du rucher et non comme une opération devant être réalisée automatiquement selon l’âge de la reine.
La décision doit tenir compte de la colonie dans son ensemble :
- qualité du couvain ;
- dynamique ;
- comportement ;
- essaimage ;
- état sanitaire ;
- performances ;
- et intérêt génétique de la famille.
Le remérage naturel conserve toute sa place lorsque les conditions sont favorables.
Mais l’introduction d’une reine fécondée permet de réduire une partie des aléas et devient particulièrement intéressante lorsque l’on souhaite gagner du temps, sécuriser la reprise de ponte ou introduire une nouvelle génétique dans le rucher.
Vous envisagez de remplacer une reine ?
Avant de commander une nouvelle reine, vérifiez d’abord que la colonie est réellement orpheline ou que le remplacement est justifié.
Questions fréquentes sur le remérage des abeilles
Qu’est-ce que le remérage d’une ruche ?
Le remérage correspond au remplacement de la reine d’une colonie. Il peut être naturel ou être contrôlé par l’apiculteur à l’aide d’une cellule royale, d’une reine vierge ou d’une reine fécondée.
Quand faut-il remplacer une reine ?
Il n’existe pas d’âge unique imposant son remplacement. Le remérage peut être envisagé lorsque la ponte devient insuffisante, que la colonie perd durablement en dynamisme ou lorsque l’apiculteur souhaite modifier la génétique de la colonie.
Peut-on laisser une ruche refaire sa reine toute seule ?
Oui, à condition qu’elle dispose du couvain nécessaire et que les conditions permettent ensuite la fécondation de la jeune reine. Cette solution entraîne cependant une interruption de ponte plus longue.
Quelle différence entre une cellule royale et une reine fécondée ?
Une cellule royale doit encore donner naissance à une reine, qui devra ensuite être fécondée. Une reine fécondée a déjà franchi ces étapes et peut reprendre sa ponte plus rapidement si elle est correctement acceptée par la colonie.
Pourquoi acheter une reine fécondée ?
L’achat d’une reine fécondée peut permettre de raccourcir le délai avant reprise de ponte, de remplacer rapidement une reine défaillante et d’introduire une génétique choisie dans le rucher.
Faut-il changer toutes les reines tous les deux ans ?
Non. L’âge est un critère parmi d’autres. Il est préférable d’observer la qualité réelle de la colonie et de la reine plutôt que d’appliquer une règle systématique.
Peut-on remérer une colonie en fin de saison ?
Oui, mais plus la saison avance, plus les conditions de fécondation naturelle deviennent incertaines. Une reine déjà fécondée peut alors être particulièrement intéressante lorsque les conditions d’introduction restent favorables.
Le remérage permet-il de changer le comportement d’une colonie agressive ?
Oui, si la nouvelle reine possède une génétique différente. Le changement de comportement n’est toutefois pas immédiat : il faut attendre le renouvellement progressif des ouvrières issues de l’ancienne reine.
Reines fécondées LaRucheTic
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LaRucheTic propose des reines fécondées issues de lignées sélectionnées, destinées au renouvellement des colonies et au travail de sélection.
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Sources et ressources
- ITSAP – Renouvellement des colonies et des reines : pratiques des apiculteurs français – enquête réalisée auprès de 348 apiculteurs et apicultrices.
- ITSAP – Diversité des pratiques de gestion du cheptel dans les exploitations professionnelles .
- UMT PrADE – Pratiques de renouvellement du cheptel – Diversité et conséquences .
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